Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 00:00

 

 

  La dangereuse plongée en apnée à la recherche des huîtres perlières semble aujourd’hui avoir cédé le pas à la plongée plaisir, activité de loisir pratiquée par les amateurs et les passionnés de fonds marins. Les Emirats offrent sur leurs côtes orientales (Océan Indien) ainsi qu’au nord du pays, le long du golfe persique, des sites de plongée remarquables. Le temps où les Abu Dhabiens survivaient misérablement grâce à la pêche aux perles est désormais révolu.

Le Golfe était,  jusqu’aux années cinquante, une des premières régions productrice de perles. Les perles étaient récoltées puis vendues aux commerçants indiens pour être transformées en bijoux de luxe. Cependant, les conditions de travail des pêcheurs étaient extrêmement difficiles : comme toute activité saisonnière, il fallait travailler dur pendant les quelques mois d’été propices à la récolte. Les plongeurs restaient jusqu’à 12 heures dans l’eau, descendant à 20 mètres de profondeur, par plongée de deux minutes environ. Ils retournaient à la surface pour reprendre leur souffle une minute et redescendaient aussitôt. Leur équipement comprenait un sac pour y placer les huîtres, une pince en corne de chèvre pour obstruer le nez et une corde attachée à la taille pour se faire remonter par le coéquipier resté sur le bateau. A la fin de la saison, le produit de la pêche était partagé  entre le propriétaire du bateau, le capitaine, les plongeurs et les aides (sans oublier la part du Cheikh au pouvoir)… autant dire qu’après avoir payé leurs dettes, les plongeurs se retrouvaient bien souvent aussi misérables qu’avant la saison, ils revenaient complètement épuisés, sous-alimentés et parfois atteints de maladies telle le scorbut. Le déclin de l’activité perlière et la découverte du pétrole ont radicalement modifié la vie des habitants d’Abu Dhabi.

         Certes, les eaux du Golfe demeurent une ressource pour les pêcheurs de poissons, mais la mer est à présent devenue  un espace de loisir : les citadins s’adonnent à leur sport favori, la conduite bruyante et spectaculaire des scooters de mer, les baigneurs du vendredi envahissent les plages de la ville et les plus riches s’approprient même des îles entières ! La modernité a bouleversé le rapport avec les éléments naturels et nul ne saurait prétendre connaître les répercussions exactes du développement urbain à outrance, de la création d’îles artificielles, des dragages intensifs dans les eaux territoriales, de la pollution des industries du pétrole ni des dégazages sauvages des milliers de pétroliers navigant au large. De rares sonnettes d’alarme font remarquer, pour ne citer qu’un seul exemple, la mort de millier de poissons près du gigantesque chantier de « palm islands » à Dubaï (ce soi-disant « paradis » de luxe qui comprend de nombreuses îles artificielles en forme de palmier) ainsi que l’érosion côtière.   Bien que récente, la prise de conscience de la nécessité de protéger l’environnement a amené le gouvernement à faire appel à des experts chargés de référencer les espèces, surveiller l’évolution de la faune et la flore et notamment l’état du massif corallien et d’apporter des solutions pour maintenir l’équilibre écologique. Dans cette intention, trois réserves marines ont été créées dans la région de Fujaïrah (côte est des Emirats) et deux dans l’émirat d’Abu Dhabi, au large du golfe persique, sur l’île de Qarnein, déclarée « don à la terre » par le WWF ainsi que la zone de Marawah-Bu Tina, où des récifs artificiels encourageant la croissance d’algues et des grottes à poissons ont été mis en place et où la pêche est désormais interdite.  Une équipe de scientifiques qatari et émirati et de plongeurs ont permis de dénombrer près de 35 espèces de coraux dans les eaux du Golfe. Leur mission, qui devra durer trois ans, a pour but de recenser les récifs coralliens, les localiser, étudier leur évolution et mettre en place un système de protection. La faune marine du Golfe est elle aussi très riche : les tortues vertes s’y reproduisent, les requins s’y régalent et les baleines y font quelques apparitions ! Les enfants eux, découvrent des Némo, Dory et autres Marin à chacune de leur plongée près des rochers ! Le Golfe persique ? Bien plus émouvant que le cinéma !

 

 

 

Sources :  - "de la pauvreté à la richesse" M. Al Fahim.

               - ERDWA, centre de recherche pour la protection de l'environnement

               -  ministère de l'environnement

 

 

 

Photos : emirates diving association et UAE interact (sites web) 

 

 

 

A lire pour les amateurs de plongée : "UAE underwater explorer" (en anglais)

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